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Mercredi 29 juin 2011 3 29 /06 /Juin /2011 06:00
- Par Larbi
Publié dans : Humeur du jour

Même si le maire  n'est pas susceptible de se connaître dans toute sa plénitude, il n'en demeure pas moins capable de prendre conscience de ses limites qui, en réalité, constituent sa propre nature.

Cette incapacité qu'a le maire à s'introspecter pleinement, que ce soit en raison de sa partialité, de son inconscient, de ces désirs cachés qui déterminent ses actes, semble le contraindre à s'illusionner sur sa propre personne dans la mesure où sa perception est faussée. Le maire paraît impuissant à se contempler et montre souvent de l'agressivité envers le regard d'autrui qui est doté d'une plus grande objectivité.

Pour autant, cette impuissance n'est-elle pas le reflet de la nature misérable du maire ?

La doctrine chrétienne montre ce maire déchu de son état initial de perfection suite à la Faute originelle. Ce maire déchu qui « mangera son pain à la sueur de son front » (Genèse) est par là même privé de tout ce qui faisait sa richesse. Pascal parle en l'occurrence d'un « roi dépossédé ». En effet, « le maire dans l'état de la création ou dans celui de la grâce est élevé au-dessus de toute la nature, rendu comme semblable à Dieu et participant de la divinité ». Mais, « en l'état de la corruption et du péché, il est déchu de cet état et rendu semblable aux bêtes ». Pascal distingue ainsi l'état du maire avant la Faute et celui du maire après la Faute.

Le maire après la Faute présente une nature misérable, « semblable aux bêtes ». Alors, le maire de bonne foi saura reconnaître ses propres limites, son incapacité à pleinement se connaître, car Dieu seul le connaît dans sa totalité. D'où l'affirmation de Blaise Pascal dans ses Pensées : « La grandeur de l'homme est grande en ce qu'il se connaît misérable ; un arbre ne se connaît pas misérable ». Par sa conscience, par sa pensée, le maire dispose des facultés adéquates pour prendre connaissance de toute sa misère.

Apparaît la notion d'incommunicabilité. Mettre bout à bout les illusions sur soi et sur les autres implique une vérité indicible, incommunicable. Il faut prendre le risque de l'altérité et d'une vérité possible entre toi et moi.

Ainsi, loin d'être condamné à se faire des illusions sur lui-même, le maire est en mesure de prendre conscience et connaissance de toutes ses limites, de son incapacité patente à se saisir de sa personne. Mais le maire n'en demeure pas moins grand puisqu'il dispose des facultés intellectuelles et psychiques pour se savoir misérable.

 

Lire aussi:

Le maire est-il condamné à se faire des illusions sur lui-même?

Les limites d'une conscience municipale imparfaite

 

d'après divers corrigés BAC philo 2011 !

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