Fermer
Le Laboratoire Parole et Langage (LPL) est le dernier instrument dont s’est dotée la ville d’Aix-en-Provence pour conduire des expérimentations sur les mécanismes de production et de perception de la parole et du langage.
Inauguré le 25 mai dernier, c’est au 5 avenue Pasteur qu’ont été regroupés les nombreux moyens nécessaires à la conduite des expérimentations :
Fichtre ! Cette parole sacrée ou scandaleuse, donnée ou reprise, accaparée, coupée, sincère ou mensongère mériterait donc qu’on s’y penchât comme un généticien sur une séquence d’ADN !
C’est vrai qu’on la dit d’argent. Et par les temps qui courent, ça compte.
Est-ce pour cela qu’elle se fait si rare dans nos contrées ?
Qu’avait-on besoin d’élaborer des chambres sourdes quand nos campagnes en regorgent et que la montagne même sainte ne résonne plus d’aucun écho ?!
Les box d’expérimentation analyseront l’audio et le visuel. Nous savons que l’œil veille quand l’oreille s’égare et vice versa. Trémolos dans la voix et tressautements des paupières. L’œil est hagard parce qu’il se noie. Il cherche une bouée pour s’agripper. Ces deux là ne fonctionnent bien qu’en symbiose.
C’est dans la salle de suivi oculaire que les novices se familiariseront avec le regard. D’abord le leur – je suppose – pour vérifier s’ils seront en mesure de se regarder dans la glace. Ensuite, ils analyseront celui qu’ils portent sur les autres et les filtres qu’ils utilisent. Enfin, ils s’interrogeront sur le regard qu’ils portent sur les choses de la vie, comment ils la voient et à quoi elle se résume. Les corrections auditives et visuelles (pour ôter le sable) devraient théoriquement suivre. Mais le LPL n’en parle pas.
La salle d’investigation de la production, permet de la mettre en éprouvette ; la parole. En présence de réactifs complexes, elle se révèle absente, sans saveur, sirupeuse ou trompeuse.
Le progrès technologique a relégué le détecteur de mensonges au fond du placard. C’est grâce au génie génétique que l’on pourra désormais savoir si les mots entendus (lorsque l’on n’est pas en chambre sourde) correspondent à la séquence ADN vrai ou faux. Oui mentir est contre nature. Cela provoque des remous lorsqu’un cerveau pense tourner à gauche et qu’on lui demande juste de clignoter à gauche avant de tourner à droite.
Une vraie thérapie pour celles et ceux qui balancent entre les diarrhées et les occlusions…de parole.
De la parole ou plus exactement des paroles au langage, il n’y a qu’un pas. Confier aux mots les idées qu’ils devront exprimer et réussir un mélange convenable pour communiquer aux autres l’expression juste et claire des idées et des émotions que l’on souhaite partager. Cela réussit rarement sans l’aide d’une autre expression non verbale celle-là, peu contrôlable, insoumise à la manipulation. Notre corps et tous nos sens s’expriment dans cet acte de la parole. Tout ce monde agit harmonieusement lorsque l’on exprime ce que nous pensons et ce que nous ressentons réellement. Dans le cas contraire, il y a conflits et c’est la cacophonie assurée.
Le LPL sera très utile pour celles et ceux qui recherchent la lucidité. Mais on peut très bien vivre sans. C’est une affaire de goût.
Lucide, c’est juste confortable, psychologiquement. Un peu vaniteux aussi quand on n’aime pas que l’on nous prenne pour plus bêtes que nous sommes.
Des paroles au langage puis à l’écriture…
Les paroles ne s’envolent plus, elles restent. Les écrits ne se perdent plus. Ils sont scannés, archivés sur d’innombrables supports. On peut les consulter et les étudier à loisir au grand dam de quelques auteurs indélicats avec leur passé et leur conscience.
Écrire…on le fait toujours à l’attention de quelqu’un, vous en l’occurrence, moi comme d’autres.
Écrire…on le fait aussi dans un but. Le mien était de vous informer des dessous des cartes et de la manipulation dont nous faisions l’objet depuis de nombreuses années. Je n’ai aucune raison de penser que cela pourrait changer naturellement.
Au déficit financier comblé PROVISOIREMENT par +119% de hausse des taxes communales, s’ajoutent d’autres déficits, ceux de la compétence, de la sincérité, de l’intégrité…mais le plus important de tous, celui qui permet tous les autres de prospérer est le déficit de la citoyenneté ; le nôtre en somme.
Publié le 25/06/2009 à 15h18 dans Éditoriaux